Tartuffe

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Intentions de mise en scène

J’ai créé Tartuffe au "Boulevard Teater" de Stockholm en 2002 et depuis, je rêvais de reprendre ce texte dans la langue de Molière. La proposition de Gérard Audax et Christophe Patty m’a tout de suite emballé. Monter ce texte avec des équipes que je connais bien, des comédiens rompus au travail du masque et capables de donner toute la sincérité qu’exige ce style de théâtre. Sans sincérité, le masque devient grotesque, simple caricature sans chair, sans profondeur et ne restitue qu’un comique pathétique et superficiel.
C’est sous l’angle de la sincérité précisément que je souhaite aborder cette œuvre, parce qu’elle parle de l’hypocrisie, de la manipulation, qu’elle questionne l’ambiguïté qu’entretiennent entre eux l’être et le paraître.
Pour jouer Tartuffe, grossir le trait n’est pas nécessaire, il suffit d’être au plus près du texte que Molière nous offre. Il nous appartiendra donc de faire résonner toute la force et la beauté du texte à travers ces êtres intemporels que sont les personnages masqués.
Car dans cette création, ce sont les masques qui m’importent, ils sont à concevoir, à inventer, il faut qu’ils parlent juste et donnent aux personnages une totale crédibilité. Construire ensemble une version inédite de ce texte est un pari enthousiasmant.
Mario Gonzalez

le choix artistique

Clin d’œil et Collectif masque n’en sont pas à leur premier compagnonnage et ce nouveau projet répondait surtout à l’envie d’approfondir ensemble une recherche sur le jeu, le masque, les ressorts de la comédie et ses résonances dans l’époque actuelle.
Le choix de tartuffe s’est vite imposé :
Tartuffe occupe une place à part dans l’œuvre de Molière.
La réalité y est cruelle. Tartuffe ; être ambitieux, utilise, sous couvert de religion, la crédulité d’un père de famille ; Orgon. La pièce nous le montre, essayant de s’approprier tout ce que l’autre possède : argent, maison, fille, femme.
Tartuffe, comédie, incite à mettre en valeur ses accents tragiques, le rire reste, présent, profond, mais ici, la comédie prend des airs de pamphlet. Au-delà des situations comiques, le fond lui, reste un véritable réquisitoire contre l’abus de pouvoir et la crédulité dont il se nourrit.

Tartuffe n’est pas un simple profiteur abusant du crédule Orgon. L’un et l’autre représentent bien plus que cela. Ils nous entraînent dans une succession de mécanismes qui rendent possibles l’aveuglement, le fanatisme et l’imposture.
Dans ce dédale de sentiments obscures, la sincérité des comédiens/personnages fait contrepoids, elle devient le seul outil capable de visiter les replis de l’humain pour tenter de rendre la portée universelle de ce texte.
La pièce que nous nous proposons de monter, nous offre les outils requis. Le texte y est d’une grande efficacité théâtrale et les personnages y sont fortement dessinés. À travers cette forme, nous souhaitons de tout cœur partager avec le public, l’émotion singulière que nous offre le théâtre de masques.

Mario Gonzalez

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Tartuffe, un théâtre de masques

Le jeu masqué est d’abord un choix, il nous oblige à ressentir autrement, il nous impose ses codes et son esthétique, il trace ses propres chemins. En choisissant ces contraintes, nous optons pour un théâtre à haut risque. Le masque peut nous piéger, nous réduire au charme confortable de la caricature. C’est précisément l’opposé de notre démarche :
Faire un théâtre de masques signifie donner à regarder la réalité avec un tout autre angle de vue. C’est accentuer les traits qui nous semblent les plus saillants et qui nous rendent lisibles les moteurs profonds de chaque protagoniste. Un masque, plus un acteur donnent une forme qui se meut d’une manière unique et théâtrale : le personnage.
Le Masque, loin de susciter la farce, trace à traits durs les caractères d’une humanité entraînée dans une spirale infernale.

Mais ce travail exige une technique complexe et une compréhension subtile de ses enjeux. C’est la raison pour laquelle, il nous semblait impératif de nous entourer d’artistes maîtrisant parfaitement cet art très spécifique.
En faisant appel à Mario Gonzalèz, metteur en scène et Etienne Champion, facteur de masques, nous donnions à notre projet un parrainage idéal.

La conjugaison de compétences et d’expériences reconnues

Mario Gonzalèz : metteur en scène et direction d’acteurs.
Il explore depuis toujours ce monde fabuleux du masque, mais ne se lasse pas de le réinventer.
Chaque création est pour lui l’occasion de renouveler son art, de porter un regard neuf pour mettre son savoir faire au service d’un nouvel enjeu.
Il nous propose ici, une approche encore différente. Sans rien perdre de la rigueur et de la précision qu’exige le jeu masqué, il recompose un Tartuffe intemporel, mêlant les registres et jouant sur le tempo, il passe de l’allegro au pianissimo cherchant à mettre en relief toutes les nuances du texte. Il fait jouer cette famille comme un chœur dissonant, désaccordé par l’effet du poison. Le malaise fait partie du jeu, acteurs et spectateurs y sont confrontés, mais en grand maître de la commedia, il jongle avec le grotesque, le pathétique et l’humour pour que la tragédie s’accomplisse sans grandiloquence.

Etienne Champion : Facteur de masques
Depuis 1984, il se consacre à la fabrication de masques et plus précisément à la sculpture de masques en bois. Sa rencontre avec Mario Gonzalez, l’entraîne dans une recherche sur le masque neutre, de laquelle sortira un masque d’étude qu’il nommera le masque vide.
De ce parcours, il tire une expérience unique, qui lui permet de créer chaque pièce à la juste mesure du personnage.
Ainsi, pour Tartuffe, il offre une vaste gamme de masques, servant tour à tour, les personnages populaires avec leurs rondeurs généreuses, les courtisans avec leur excentricité fantaisiste et les protagonistes avec l’élégance raffinée des maîtres.
Pour chacun, c’est aussi dans le détail qu’il souligne un trait de caractère bien spécifique : le bon sens de Dorine, la sagesse d’Elmire, la soumission d’Orgon, l’ambiguïté de Tartuffe.
Etienne Champion connaît le pouvoir du masque, il sait à quel point celui-ci peut grandir ou réduire le jeu du comédien, comment il peut être son allié ou son entrave. Cette connaissance intime du jeu d’acteur (il est lui-même comédien) lui permet de donner à chacun de ses masques, une grande intensité dramatique.

Sylvie Berthou : Costumière
La transformation des corps est un élément fondamental de son travail et elle excelle dans la réalisation de volumes destinés à opérer ces transformations.
Nous voulions que les costumes s’inspirent de l’époque sans y coller tout à fait, le plus important étant de trouver pour chaque personnage, le « volume » et la silhouette que requièrent sa position sociale et son rapport aux autres.
Dans un jeu de couleurs et de matières, Sylvie Berthou donne à chaque costume une théâtralité à la fois discrète et rayonnante. Dans une scénographie réduite au minimum (une table, quelques tapisseries), ses personnages occupent l’espace, le sculptent et le dynamisent. Des noirs intrigants aux rouges chatoyants, l’habit donne le ton, il capte le regard, attire l’attention. Pas question donc, de le laisser dire n’importe quoi et Sylvie Berthou a cette intelligence là : le costume peut jouer fort pourvu qu’il joue juste.
C’est dans cet esprit qu’elle s’associe à notre création. Les étoffes sont somptueuses, les lignes parfois extravagantes, parfois sobrement élégantes soulignent l’identité du personnage. Le tout restitue avec justesse l’ambiance contrastée de l’œuvre de Molière.

Le Collectif masques (Mariana Araoz, Christophe Patty, Étienne Champion)

Contact diffusion

Artistic Scenic
Pierrick Quenouille
06 86 59 93 79
pierrick@artisticscenic.com

Cie Clin d’Oeil
Marie-Claude Audax
02 38 21 93 23
clindoeiltheatre@noos.fr

 
 

Vendredi 8 février 2013 à La Châtre ( 36 )-
Vendredi 8 novembre 2013 à La Ferté Saint Aubin
Vendredi 29 novembre 2013 à Carvin
Jeudi 30 janvier 2014 à Colombes
Mardi 6 mai 2014 à Villeparisy
5 au 26 juillet 2014 : festival d’Avignon
Samedi 2 août 2014 : festival sur un plateau à Hauteville Lompnes
Samedi 11 octobre 2014 à Monts (37)
Mardi 3 fév 2015 à Montlouis
Mardi 24 mars 2015 à vierzon
Jeudi 1er et vendredi 2 octobre 2015 en Guyane
Vendredi 6 novembre 2015 à Livry Gargan
Vendredi 8 janvier 2016 à Obernais
Lundi 11 et mardi 12 janvier 2016 à St Jean de Védas
Jeudi 14 janvier 2016 à Pontoise
Jeudi 10 et vendredi 11 mars 2016 à St Germain en Lay
Mardi 29 et mercredi 30 mars 2016 à Montauban
Vendredi 3 février 2017 à Avranche
Vendredi 12 mai 2017 à Lagny

Création Compagnie Clin d’œil / Collectif masque
Mise en scène : Mario Gonzalez
Assistante : Lucie Salvi
Masques : Etienne Champion
Scénographie : Bertrand Siffritt
Costumes : Sylvie Berthou
Assistante : Emmanuelle Ballon
Atelier couture : Emili Nilsson, Zoé Forestier, Amanda Compaoré, Antony Bras
Lumières : Jean Grison
Avec : Mariana Araoz, Aurélie Audax, Eva Rami, Gérard Audax, Didier Girauldon, Christophe Patty


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(Powerpoint – 1.1 Mo)
        
 

Clin d’œil bénéficie du soutien de la ville de Saint-Jean-de-Braye, du conseil général du Loiret et du conseil régional du Centre.