L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation
Vendredi 22 janvier – 20h30
compagnie 11h11
1h11 – comédie – à partir de 14 ans
De et avec Marc Compozieux et Alexis Gorbatchevsky
Création lumière : Margot Falletty
Production et diffusion : Audrey Charrière – l’Eclise
Administration : Louis-Marie Thoby – l’Ecluse
« L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation » est issu d’une commande passée à Georges Perec par un programmateur de l’entreprise Bull.


L’exercice consistait à convertir l’organigramme représentant les étapes qu’un employé doit franchir pour obtenir une augmentation de salaire sous la forme d’un texte. En regardant cet organigramme, son apparente logique et toutes les flèches qui pointent en direction d’une multitude de OUI et de NON, il nous apparaît très vite que tous les chemins mènent… dans la corbeille à papier. On imagine aisément la jubilation qui fut celle de Georges Perec face à un tel défi.
Le résultat en est « L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation« , texte paru en 1968 puis, après réécriture, à L’Augmentation, une pièce de théâtre pour six personnages, créée en 1970.
Pour cette création, Marc Compozieux et Alexis Gorbatchevsky souhaitent revenir au texte originel qu’est « L’art et la manière… ». Par un dispositif sonore ingénieux multipliant les sources d’émission de leurs voix, ils énonceront chacune des hypothèses, envisageront les alternatives, suivront à la lettre le processus (l’algorithme) qu’a imaginé pour eux Georges Perec. Cette création sera la forme théâtrale, spatialisé, et sonore d’un algorithme fou. Là où le spectateur croit percevoir des répétitions comme un écho au chemin sans cesse repris par notre employé modèle afin d’avoir ne serait-ce que l’opportunité d’aborder son supérieur hiérarchique, la mécanique s’enraye. Les répétitions ne sont qu’apparentes et notre héros ne pose jamais vraiment ses pieds dans les empreintes qu’il a lui-même laissées. La machine engloutira lentement les deux comédiens au fur et à mesure que le programme s’exécutera.
L’entreprise (dans tous les sens du terme) est redoutable, en revanche les situations qu’elle provoque, bien que présentées comme logiques, s’avèrent absurdes, drôles et cocasses.